Le chemin du rêve




« Celui qui va jusqu'au bout de son cœur connaît sa nature d'homme. Connaître sa nature d'homme c'est alors connaître le ciel.» (Mencius)

La voie du rêve est un petit sentier à l’écart des autoroutes, par lequel il est possible d’explorer notre nature dans toute sa profondeur, bien souvent insoupçonnée. Il se trace à mesure que nous cheminons. Il descend dans notre propre obscurité, qui se révèle lumineuse, et débouche sur des sommets que nous n’aurions jamais envisagés. Nul ne saurait en tracer de carte car les contrées de l’âme qu’il traverse sont toujours en constante transformation. Il n’est qu’une façon de le parcourir et c’est en en épousant amoureusement les méandres.

C’est un chemin toujours solitaire à la rencontre du mystère que nous sommes à nous-mêmes, et où nous découvrons que notre solitude est habitée par une présence dont on ne peut rien dire. Il est possible d’y être accompagné par un autre pèlerin mais rien ne permet l’établissement d’une autorité qui saurait pour l’autre, ou un enseignement – il n’y règne que l’esprit du partage et du compagnonnage librement assumé, hors de tout dogme, à la croisée de toutes les traditions spirituelles. Nous ne pouvons y trouver d’autres guides que nous-mêmes, mais quel « nous-même » !? Il s’agit bien sûr de ce que Carl Jung a appelé le Soi, Celui/Celle-là même que nous sommes de toute éternité, dont le sourire bienveillant éclaire chacun de nos pas, Lumière de la Vie – « lumen naturæ » disait Paracelse – qui illumine le cœur comme le soleil notre belle planète.

C’est toujours un choc empreint de stupeur et de révérence que de se rencontrer ainsi Soi-même et de contempler le visage qui était le nôtre avant que nous ne soyons nés en ce monde. Quelle que soit le problème ou la difficulté qui nous a poussés, souvent de façon désespérée, sur le chemin, voilà qu’ils nous apparaissent soudains dans une perspective toute nouvelle, élargie à la grandeur de l’immensité de l’âme. Au-delà du désespoir, nous réalisons que le Soi qui rêve nos existences n’a rien de personnel, et nous revenons à l’intime de notre parenté fondamentale avec les animaux et les plantes, les pierres et les rivières, les montagnes et l’océan, les nuages et le vent…

Notre errance prend fin en même temps que nous comprenons que l’Univers entier est notre demeure, la terre un jardin merveilleux et le ciel notre terrain de jeux. Nous sommes enfin « rentrés à la maison », et nous prenons conscience que l’Amour nous y attendait patiemment. Nos souffrances trouvent enfin un sens, et cette découverte du joyau inestimable nous pacifie intégralement et nous libère des illusions qui obstruaient notre amour de la vie. C’est le temps de la réconciliation. Notre solitude se révèle alors peuplée de myriades d’étoiles et riche de toutes nos relations. Il devient alors enfin clair que la voie du rêve conduit directement à l’éveil au-delà de toute dualité ; ce n’est que bonne logique bien connue des Anciens qui veut que, pour s’éveiller à notre nature véritable, il faille traverser le rêve !

« Ce que l’on appelle exploration de l’inconscient dévoile en fait et en vérité l’antique et intemporelle voie initiatique. [...] seul un chevalier risquera la ‘queste et l’aventure’. » (Carl Gustav Jung).


Situé dans le 18eme au 3. Square Lamarck – 75018 Paris



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