Transgénérationnel et intergénérationnel


Il est important de souligner l'existence de deux termes en psycho généalogie et plus précisément quand on parle de transmission : celui de l'intergénérationnel et celui du transgénérationnel.  
La psychanalyse transgénérationnelle appelle « un fantôme », une structure psychique et émotionnelle parasite, issue de l’un ou de plusieurs de ses ancêtres, portée et agie inconsciemment par un descendant. Cette notion a été introduite dans la psychanalyse à la fin des années 1970 par un personnage tout autant poète que psychanalyste, Nicolas Abraham, et par sa compagne, Maria Török.
Ces « fantômes » se signalent principalement par la répétition de symptômes, de comportements aberrants, de schémas relationnels stériles provoquant pour certains des difficultés de vie de toutes sortes et des affections psychiques assez graves.
En psychanalyse, le terme 'intergénérationnel' fait référence à un processus reconnaissant les modalités des conflits permettant de situer l'être humain en relation avec les générations antérieures de la personne. Le sens psychanalytique de cette notion entre dans le champ des notions essentielles et des conditions méthodologiques qui ont permis de découvrir l'inconscient. 
Ce terme d'intergénérationnel est un dérivé de celui de transgénérationnel qui, lui, est apparu en France dans les années 1970 par Anne Ancelin Schutzenberger dans les notions d'héritage, de transmission et de généalogie. 
Ce mot a servi de catalyseur pour la reconnaissance de la présence d'idées provenant d'un ancêtre qui, dès le départ, participe avec son propre inconscient à la constitution de l'appareil psychique d'un descendant. 
La problématique n'est pas seulement d'observer empiriquement la participation de trois générations aux phénomènes intergénérationnels, mais de distinguer ce qui peut entraver la reconnaissance de la différence entre les générations et la reconnaissance de l'altéralité. 
De grands auteurs ont abordé l'intergénérationnel et le transgénérationnel à partir de perspectives différentes, sans parfois même n'utiliser aucun de ces deux termes. On peut citer les travaux sur les fantômes et la crypte (Abraham Torok), sur l'ange (Dumas), ceux sur les fantasmes d'identification (Freud), sur la confusion entre la naissance et le décès (Guyotat 1995) sur les indentifications inconscientes et le télescopages des générations (Faimberg 1988) sur l'héritage délirant bloquant la pensée (Enriques 1984, 1987). 
À côté de ces théoriciens, on trouve la suite de leurs travaux sur les concepts majeurs avec Nachin qui étudie la pathologie du deuil (1981-1989), Eiguer qui conceptualise l'objet transgénérationnel en thérapie familiale (1987, 1997), Lebovici qui parle de "mandat transgénérationnel" (1980, 1995). 
À côté encore, il y a toute une série d'auteurs qui se mettent à étudier la transmission des traumatismes historiques : les effets de l'holocauste par Bergman et Jucovy (1991), l'attribution des noms avec Gampel, le génocide arménien avec Altounian, les survivants des catastrophes naturelles avec Goodman 2008, les Américains d'origine japonaise enterrés pendant le 2nd GM avec Nagata 1990, les esclaves africains avec Cross 1998 et les effets de la violence sur les enfants avec Schechter, Brunelli 2002. 
Les termes intergénérationnels et transgénérationnel sont des termes relativement récents et relativement proches, car ils font appel au même concept applicable à une grande variété de domaines théoriques différents. Mais on ne peut se contenter d'employer l'un parfois et d'employer l'autre, d'autres fois. 
C'est Tisseron (travaux sur la transmission des images mentales entre les générations) qui fait la distinction la plus claire entre l'intergénérationnel et le transgénérationnel quand il parle de relations intergénérationnelles qui concerne celles "qui se produisent entre générations adjacentes en situation de relation directe" et de relations transgénérationnelles qui concernent celles qui "se produisent au travers de la succession de générations. Cette distinction est pratiquement reprise par certains auteurs qui parlent de transmissions intergénérationnelles et d'échos transgénérationnels, les seconds étant inclus dans les premiers. 
Du point de vue  de l'étymologie, il est intéressant de noter que le préfixe 'inter' donne une dimension horizontale aux relations, c'est à dire des générations qui se côtoient dans une même vie et que le préfixe 'trans' donne une dimension verticale des liens entre les générations qui se succèdent sans se rencontrer. Si bien que pour moi, le terme 'intergénérationnel' concerne les relations entre les générations et le terme 'transgénérationnel s'utilise pour parler de transmissions au sein d'une famille.
Ainsi le travail sur les transmissions de traumatismes historiques m'apparaissent appartenir au domaine de l'intergénérationnel et le travail que j'effectue sur les transmissions d'un ancêtre de la même famille que celui qui vient me voir appartient au domaine du transgénérationnel.



Cabinet de psychanalyse et psychothérapie - Michael BARALLE

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