Aligner sa vie extérieure avec sa vie intérieure

Le dehors et le dedans de nous-même

Le cheminement intérieur, ce que les philosophies orientales nomment "la Voie", et ce que Karl G. Jung appelait " Processus d'individuation", c'est ce qui nous amène, par des truchements bizarres à découvrir qu'il existe des résonnances entre la vie intérieure et la vie extérieure, là où l'on concevait auparavant que ces deux réalités étaient absolument séparées.

 Or, il existe bien quelque chose qui relie notre existence externe à ce que nous sommes au dedans. Justement ce qui relie les deux, c'est le fait qu'il y ait bien "quelqu'un" qui soit là pour faire l'expérience de ce qu'il nomme "extérieur et intérieur". En d'autre termes, si vous n'étiez pas en vie, il ne vous serait pas possible de concevoir que vous ayez un corps, ni un hors corps. J'irais même jusqu'à dire, que sans vous, il n'y aurait, ni vie, ni mort. Il n'y aurait rien du tout, et personne pour en rendre compte.

Dé-croire aux évidences

     Ainsi pour celui qui considère son existence, il y a une vie dedans et une vie dehors. C'est un artifice pris pour une vérité, un axiome qui ne tient sur rien. C'est parce qu'on ne peut tout à fait maitriser sa vie de dehors ( le quotidien-les autres-les évènements )  et la mettre en coïncidence avec le dedans (ce qu'on appelle le psychisme) que l'on se rend chez un analyste ou un thérapeute.

L'analyse ne se considère pas comme du développement personnel, du moins chez Lacan. On ne fait pas une analyse pour se connaître soi. C'est pourtant ce que cela induit, mais, selon le Docteur Lacan, cela ne suffit pas. "il faut que quelque chose cloche" pour que l'on trouve assez de nécessité à ces rendez-vous parfois arides qui peuvent durer de longues années. Au fond, Lacan n'est pas le seul à le penser...il suffit pour s'en convaincre de passer du temps dans les lieux où se développent la conscience pour se rendre compte qu'il faut un certain degré de souffrance pour accepter de "mettre les mains dans le cambouis" et s'intéresser à sa nature.

Qu'il cloche quelque chose, voilà qui est tout à fait réussi puisque cela nous amène à nous retourner vers ces questions qui nous sont implicitement évidentes, et qui pourtant, lorsque nous allons nous y pencher ne vont plus du tout l'être. C'est que nous partons d'une grande erreur, celle de croire aux évidences. La surface des choses est trompeuse. Elle est trompeuse et confortable.

Créateur de surfaces et de profondeurs

   Pour pénétrer la surface, "il faut que quelque chose cloche". Ce son de cloche, c'est justement ce qui nous fait entrer en résonnance avec ce que nous sommes vraiment, à l'origine, c'est-à dire à l'origine d'avant les mots. Créateur de mots, nous sommes créateurs de mondes et de sens. Nous sommes aussi créateur de non-sens et de toutes sortes de concepts. Nous créons nos perceptions, agréables ou désagréables, nous créons mots et lettres, et même toutes sortes de notions, telles celle d'inconscient, ou celle de "moi".

Aligner la vie extérieure avec la vie intérieure, c'est voir qu'il y a un rapport entre ces deux espaces, et que ce point commun, c'est soi. Celui qui crée les deux espaces de par la pensée, la pré-pensée et l'intention génère aussi son conflit. Il se crée séparé de la nature des choses mais œuvres en permanence pour se relier à ces choses, ou les manipuler.

 Décharger par le récit

 Ramener le collectif au singulier

     Celui qui mène l'enquête vient en analyse ou en thérapie pour dire son malaise, histoire d'y mettre un ordre. Parlant comme on déroule une pelote, sa propre expérience d'être à partir d'une pensée informe et inarticulée, quelque chose apparaît, dans les interlignes, car les mots ont un poids collectif dès lors qu'on ne s'en est pas approprié la charge, en la déchargeant de ses évidences. Les évidences sont comme des mémoires agglomérées et indifférenciées qui bouchent l'accès à l'expérience du Réel.

Le chemin de l'intériorité est ce processus qui singularise l'expérience. De flou et de chaotique, elle devient précise et canalisée. Passer par le chat de l'aiguille, voilà ni plus ni moins ce dont il s'agit, et de l'autre côté, la singularité se meut en conscience impersonnelle.

Ainsi, l'on part du collectif pour aller vers le singulier, qui se révèle être l'opposé de ce qu'il semblait, c'est à dire "universel". De retournement paradoxal en retournement, on parvient alors à retrouver l'expérience initiale collective, excepté qu'elle n'est plus  ni indifférenciée, ni archaïque, mais qu'au sein de son espace, il est possible d'en distinguer tous les aspects avec la précision d'un travail d'orphèvre (de l'or, à l'orphique des lèvres). La simplicité advient, et l'importance apportée au discours décroit, ainsi que le déplaisir qui lui est associé. Jacques Lacan, au diapason des Bouddhistes Zen exprime cette compréhension ultime en disant que tout discours est "délire". Tout discours, y compris les plus sophistiqués, tels la psychanalyse et que les signifiants sont de nature vide.

Vider les choses de ce que l'on est cru

     Ni dehors, ni dedans pour celui qui expérimente la vie. Sa propre vie, contient d'une certaine façon la perception de la vie des autres innombrables. Les choses perçues sont pour celui qui n'a pas encore franchi la porte des surfaces inversées, animées et autonomes. Elles peuvent prendre pouvoir et maitrise sur nous. Elles peuvent nous engloutir. Les vider de leur puissance sur nous, c'est comprendre quelle interaction nous entretenons avec elles, au point d'en faire des dieux avec lesquels nous négocions sans cesse.

 Il est nécessaire de les vider de ces croyances dont elles ont fait l'objet collectif, et d'en comprendre la dimension de symbole.

Cabinet de psychanalyse et psychothérapie Michael BARALLE. Situé dans le 18ème au 3. Square Lamarck – 75018 Paris

Téléphone : 01 42 58 37 80
Blog : http://blog.michaelbaralle.fr

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire