Les chagrins et affres de l'amour

Qui n'a pas connu les affres de l'amour et cette énigme que constitue la rencontre avec l'Autre, qu'il soit de l'autre sexe, ou du même ? Qui n'a pas ressenti  dans la proximité, se créer un lien inédit, troublant de beauté, qui n'est qu'un effleurement de l'âme et peut-être du corps, dont tout d'abord on se croit capable de maîtriser la distance et l'intensité, puis, au fur et à mesure des côtoiements,  parce que l'on sent la tension de ce lien invisible de plus-en-plus étroitement, comme une corde autour du cou, comprend-t-on que l'effleurement nous a saisi, bizarrement,  dans la jouissance que l'on en a tirée et qu'il nous a arraché dans l'insu de nous-même à notre liberté d'être.

Nous comprenons que nous sommes pris et amoureux, comme drogués de cet autre-chimère, qui ne nous est rien encore, mais qui emplit néanmoins de façon claustrophobie, l'espace entier de notre imaginaire. Nous sommes capturés par l'intensité de l'illusion, à la fois adorable et souffrante. Elle nous masque  désormais la réalité de ce que nous sommes, et nous précipite dans la dépendance, dans la chosification régressive de l'autre et de nous-même. Est-ce là ce que d'aucun nomme l’amour ?
Eros, Philia et Agapé
 
    Eros, c'est un des noms de l'amour,  celui du manque, celui de la soif. Cette sorte d'amour qui s'apparente à de la convoitise. C'est la passion.
Platon  démontre dans" Le banquet", ce texte si important qui fit autorité dans la philosophie et  plus étonnamment dans la mystique chrétienne, combien ce que nous désirons,  est ce qui nous manque . Nous souffrons dés lors, de ne pouvoir obtenir de l'Autre ce que nous en voudrions....justement, que cette adorable souffrance prenne fin. Mais dés lors qu'elle prend fin, qu'advient-il au juste de cet sorte d'amour qui par essence est manque, et que nous avons comblé désormais et anéanti ? L'amour s'arrête-t-il une fois consommé ?
Les grecs évoquaient une sorte "d'initiation ascendante" concernant  l'amour, à partir de son aspect le plus grossier, jusqu'à son aspect le plus universel. Ainsi, commençait-on par "Eros"(fils de Pénia-la pauvreté-(le manque et Poros-la richesse-), pour aller vers Philia (l’affection ou amitié). Enfin accédait-on après une longue maturation de l'esprit à Agapé (l’amour infini).
 
L'initiation de cette pulsion ardente (Eros)  consiste à comprendre comment, celle-ci est dirigée vers le corps d'un autre. La convoitise du corps de l'autre, n'est qu'un déplacement de la jouissance qui utilise l'image de cet autre pour se satisfaire, soi. La sublimation de cette passion , c'est- à dire  le processus de raffinage, passe par différentes étapes, dont celle de "l'amour des corps", non plus d'un seul corps, puis  par une étape ou cet amour  sera tourné vers l'envie de la psychologie de l'autre, la beauté de son savoir où de son esprit, puis  l'amour de tous( Philia ) . En fin, dans la dernière étape, cet amour s'universalise  jusqu'à  la contemplation de la connaissance même et  de la vérité  dans sa beauté infinie.(Agapé)
    Je vous renvoie pour cela à l'excellente et accessible démonstration d'André Comte-Sponville dans son livre: Trois essais sur l'amour et la sexualité aux éditions Albin Michel, livre à lire absolument,  pour qui veut avancer dans sa réflexion sur le sujet.
 Risques et grandissement selon le Nom de la Rose
    Malgré toutes les connaissances que l'on peut en avoir, les rencontres d'amour, grossières ou subtiles donnent du sens à nos vies, et leur en enlèvent de la même façon. Nous voyons bien comment la rencontre avec une personne peut, à elle-seule, nous faire grandir, nous faire accéder à une dimension supérieure ou nous abaisser à jamais dans des fosses stagnantes et morbides, et cela même, indépendamment de notre aptitude à manier  habilement tel ou tel aspect de l'existence. Nous sommes à la merci de nos sentiments que nous soyons d'un milieu social ou d'un autre, que nous soyons des puissants, des gens d'actions, des intellectuels, des artistes, des scientifiques, des paysans, des fonctionnaires ou des sans-abris, que nous soyons jeunes ou vieux.. Et nous sommes tous bien d'accord là-dessus: une vie sans amour, c'est déjà la mort.
Quand je dis amour, je devrais dire "amours" sous toutes ses formes, et à mon avis, plus on aime l'Autre pour ce qu'il est, c'est-à dire différent de soi, plus on a de chance d'échapper au chagrin de la déconvenue. Seulement voilà, ce n'est pas une mince affaire.
Je me souviens de ce passage dans Le nom de la rose, de Umberto Eco où le jeune Adzo de Melk demande à son maitre Guillaume de Basquerville, si il a connu l'amour ( il vient de faire sa première et unique expérience sexuelle et amoureuse avec une très jeune et misérable paysanne dont il ne saura jamais le nom - d'où: " le Nom de la rose -" qui se réfère au mystère féminin et à l'amour)....Guillaume reprend la démonstration dans le sens inverse des grecs, en disant : oui, qu'il a déjà été amoureux...... de Aristote ...... de Platon !!!!!  Le jeune homme, coupable, reprend alors son Maitre afin qu'il lui fasse part de son expérience amoureuse d'homme et l'éclaire sur son acte commis. Celui-ci, bien au courant de ce qui vient de se produire pour son disciple, lui répond que l'amour ( qui vient de la femme, dont les textes soulignent le caractère à la fois impur, vil et rédempteur ) est un péril, surtout pour les moines, mais, il ajoute dans un souffle d'aveu, que la vie serait certainement paisible, mais prodigieusement ennuyeuse et sans surprise sans lui.
La psychanalyse et l'amour
    Lorsque Freud axe son invention de la psychanalyse sur "la sexualité", il axe en vérité la recherche sur la relation avec l'autre sexe, et plus largement avec l'Autre, fouillant dés lors du côté de ce qu'on avait toujours cherché à mettre sous le tapis, notamment au XIX siècle et plus encore pour ce qui concernait les femmes. Pas étonnant que l'essor de la psychanalyse fut intrinsèquement relié à l'émancipation de celles-ci, et si, d'ailleurs, dans les sagesses ésotériques, les femmes furent toujours le symbole de la vie psychique et secrète. ( Isis dévoilée). C'est d'ailleurs à partir de cela même que K.G. Jung élabora sa théorie de l'Anima.
L'enfance dont la psychanalyse fit son terrain d'investigation (jusqu’alors les enfants et les adolescents n'intéressaient pas grand monde) est le lieu racine de tous nos émois, à partir desquels nous avons éprouvé notre existence au monde. Emois (et moi ) surgi de ce rapport intime à l'Autre que furent mère, père, frère(s) ou sœur(s),et en leur absence, tout ceux qui y ont pu être substitués....chose ou personne. 
Il faut bien le dire, si les psychanalystes femmes restent moins nombreuses que leurs homologues masculins, il n'en est pas de même des patients qui sont en majorité des patientes. C'est d'ailleurs un des points communs que la psychanalyse a avec la religion, qu'elles sont animées par les femmes et dirigées par les hommes.  Ce n'est pas un hasard car ces "deux mondes" traitent du même sujet: l'amour, et, si je puis dire s'en disputent la légitimité. Or si c'est bien quelque chose qui concerne les femmes, et dont elles finirent par être spoliées d'une certaine façon, du côté du symbole:  c'est bien l'amour.
Au cœur du processus analytique l'amour même  est de rigueur. Le mot rigueur n'est pas usurpé tant c'est l'amour qui se joue, en tant que méthode, et en tant qu'éthique dans le lieu du travail  que signifie le Transfert, c'est-à-dire entre ces deux pôles que sont "analyste et analysant". C'est à cause de cet intimité qui se crée au fil des séances, de cet amour authentique entre deux-deux, que peuvent se rejouer les scènes primitives douloureuses ( ces grands chagrins d'amour ), qui ainsi peuvent être réinterprétées puis dépassées, peut-être d'ailleurs, à la façon ascendante  des grecs.
Amour et liberté
   L'amour échappe néanmoins toujours à toute sorte de carcan moral, ou d’éthique qu'on voudrait, comme une muselière, passer à une créature fantastique et ingérable.  Il en va ainsi de l'amour à son degré le plus "grossier", celui de la passion, jusqu'à son degré le plus subtil et infini qui échappe lui aussi, de toute façon à tout tentation d'en faire un idéal immobile. On aura beau l'harnacher par toutes sortes de beaux signifiants, comme celui de "transfert",  il n'en demeurera pas moins insaisissable, nécessaire, désiré, méprisé, adoré et ingérable du fait de ce caractère justement libre et sauvage. Et cet Autre, objet de notre désir, qu'il soit humain ou divin, si on l'aime, n'est-ce pas justement parce qu'il est Autre, différent et jamais assujetti ?    Il en reste qu'on peut essayer de l'apprivoiser un peu, ce mystère, en l'aimant d'une affection joyeuse et sans se leurrer trop sur notre propension à tout vouloir pour nous même, y compris lorsque cela va nous nuire.    S'abandonner enfin, à ce qui vient, y compris la passion, tout en demeurant conscient de tout cela. Laisser passer ce qui de toute façon est fait pour passer....  S'abandonner les yeux ouverts, est-ce possible ? La réflexion vaut la peine qu'on s'y incline.
S'assoir tous deux au bord des flots qui passent
Les voir passer,
 Tous deux s'il glisse un nuage en l'espace,
Le voir glisser...
( Extrait de "Au bord de l'eau" poème de Sully Prudhomme dédié à madame Claudie Chamerot )
 
 
Le vide et l'ennui

L'angoisse du vide

    Le vide. Nous avons tous senti cela un jour. Quoi faire ? Quoi penser ? Quel sens pour notre vie ? C'est très angoissant de se retrouver face à ce sentiment, qui surgit soudainement comme un lac étrange, alors que la veille "tout allait si bien"...... ou insidieusement, au fil des années, comme une nappe d'un ennui bizarre et récurrent. Il faudrait que nous avions envie de faire quelque chose, mais en fait, nous n'avons envie de rien. Cela pose vraiment problème. Aux yeux des autres qui nous entourent, ceux qui nous aiment et qui s'inquiètent tout d'abord, puis à nos propres yeux bien sûr. Dans ce néant accablant, nous perdons même l'image de nous-même, et avec, toute étincelle de vie, de joie, toute perspective.

Pris dans l'angoisse, nous élaborons des fuites maladroites, actant, sous l'effet de la panique plutôt que de se poser dans cette expérience afin de la goûter et de la mettre en mots. La panique nous pousse en avant. C'est elle qui nous met "hors de nous-même", nous conduisant à l'exil. C'est la peur primordiale, face à l'ennui, face au trou du réel qui surgit, qui déclenche le dévoiement des forces de vie destinées en fait à l'individuation. (réalisation du Soi)

La méthode du guerrier

    Certains face au vide sentent l'urgence de "faire": faire des activités, de sorte que, pas un moment ils ne se retrouvent seuls, ou oisifs, passant d'une activité à une autre, "bourrant l'espace de la journée "'d'occupations qui en ont l'air. Ils en viennent à se convaincre que les gens plus passifs sont "des feignants" et se sentent - grâce à cela- réussir leur vie, ou du moins échapper au sentiment que cette idée de la réussite pourrait être dérisoire. Ces personnes font des efforts, beaucoup d'efforts. C'est leur façon de défier la mort, le vide, l'éphémère de la vie.

Elles sont performantes, souvent appréciées et admirées pour leur vaillance, leur efficacité mais elles ne voient la vie que l'un œil. Toute une part de leur existence est plongée dans l'ombre de cet autre œil caché sous l'œillère. Leur vie, elles l'envisagent comme une course qui jamais ne s'achève, et qui, comme celle des antiques héros pourtant, finira en tragédie par la mort.

Rien n'est plus terrible pour ces guerriers de la vie que l'ennui qui les saisit, que l'absence de combat, qui tel un ennemi de l'ombre, saisit le héros tandis qu’il dort, ou lorsqu'il baisse sa garde pour se nourrir ou se divertir enfin. L'ennui, c'est le serpent noir qui rampe dans les fourrés et mord le guerrier fameux à la cheville ou la flèche dans le talon. L'ennui c'est la menace qui donne tout son sens à la lutte et fait de la vie ordinaire un champ de médiocrité.

La méthode du marchand

    Certains recherchent la présence des autres, s'accrochent à la moindre occasion à tous les êtres qu'ils  croisent sur leur chemin, déclarant être leurs amis et les prenant pour tels. Ils s'offusquent qu'ils ne se soumettent pas sans cesse au dictat de leur commerce convivial. Ils veulent dès lors, régir la vie de leur frères d'occasion, s'y investissent, s'y abîment parfois, sombrant dans les  mille et une petites histoires qui passent ainsi, de langue en langue, se plaignant d'être devenus indispensables et de n'avoir aucune disponibilité pour eux même.

Pour eux aussi l'ennui est un ennemi qui les ramène à la solitude-espace qu'ils refusent d'assumer. Tout se passe comme si ils fuyaient leur maison pour aller habiter chez les autres, puis, tout envahis de ces autres, s'en trouvent fort malaises, n'ayant aucune place authentique pour eux-mêmes. Ils souffrent d'errer ainsi, de personne en personne, comme si chaque rencontre pouvait être un lieu où s'abriter intimement.  Exilés de leur territoire, conquis en amont par le serpent noir de l'ennui et de l'angoisse, et,  déplaçant leur problématique, ils conquièrent d'autres territoires, avec le remord inconscient de ce qu'ils ont laissé et celui de ce qu'ils volent aux autres, sous prétexte de légitime fraternité.

La méthode limbique

    Ils y a ceux enfin, qui, succombant à la beauté ténébreuse du serpent,  finissent par s'endormir dans ses anneaux luisants, se condamnant au sommeil digestif de l'inertie. Ceux-là ne vont pas investir le territoire des autres, ni s'efforcer d’être meilleurs comme ceux dont la pulsion de vie est la plus forte, ils n'incommoderont nullement les autres de leurs ingérantes intentions, mais parce qu’ils sont ternes et jouent de leur indifférence apparente. Ils semblent apprécier d'être ainsi anéantis, là où il sont, dans une illusion de sagesse-sans-désir qui ressemble à s'y méprendre à la non-vie de la dépression. L'ennui, ils la voient comme un espace fascinant: trou primordial, matrice confuse dont ils n'auraient jamais dû sortir. Absorbés, ils le sont. Pas nés encore de leur devenir. Ils germinent dans l'éventualité d'une étincelle tombée des astres qu'ils ne feront rien pour attirer.

Méthodes-tétines / vision réaliste/ vision infinie

    Encore une fois, chacune de ces méthodes, nous les avons expérimentées un jour. On peut se sentir un peu guerrier, ou un peu marchand, ou se reconnaitre absorbés dans le ventre du serpent ouroboros. Nous avons fait l'expérience de toutes ces voies successivement, et sans doute continuerons nous à passer de l'une à l'autre jusqu'à ce que nous en reconnaissions intimement le caractère illusionné. Aucune de ces méthodes ne conduit à une authentique liberté, car aucune de ces méthodes n'est basée sur la vision de la réalité. Ce sont des compensations, des tétines à notre manque inhérent. Des façons d'éviter de faire face à notre réel.

 Pénétrer du regard cette réalité, c'est déjà ouvrir le champ de l'inconnu, et de l'infini, découvrir que ce manque, c'est aussi la plus grande richesse, celle qu'il est impossible d'avoir jamais.

 Nous-sujet, et tout ce que nous ne sommes pas.....l'Autre.


 L'art et la science, la philosophie et  méditation

       Les poètes depuis toujours ont su charmer ce serpent, par la musique de leur mots. Avec eux musiciens et sculpteurs, écrivains et peintres, prophètes et ermites, scientifiques et philosophes parviennent à se poser dans ce moment "bizarre", bravant leur angoisse. Ils s'assoient sur les bords de ce lac ovidien et attendent qu'il délivre son secret.  Au lieu qu'il les anéantisse.( Parfois le serpent-lac les dévore, comme Narcisse  s'abîmant dans sa propre image), il arrive qu'en échange il leur donne des idées, des images, des rêves, des fulgurances, des clés et des nombres . En échange de quoi ?

Ce qu'il veut,  c'est une offrande de leur prétention à vouloir tout contrôler. Le serpent apprécie qu'on cherchât à le comprendre. Il ne détruit pas ceux qui cherchent à apprendre sa langue, et avec, la langue de la vie et de la mort. Il ne détruit pas ceux qui l'aime d'amour. Ainsi l'humain qui cherche d 'ordinaire à assujettir les animaux à sa personne, croyant qu'il s'agit là d'amour justement, doit apprendre à lâcher sa prétention, et à communiquer avec ce serpent noir, à se mettre à l'écoute de ce qu'il dit, de ce qu'il veut, du mystère de l'ordre caché de l'univers dont il est le noyau sans noyau..


L'ennui et la créativité

    L'ennui est nécessaire à toute création, à toute invention, à tout renouvellement. C'est la nuit avant le jour, la vie utérine avant la naissance. Il faut d'abord le remarquer. Ce qui fait qu'on le perçoit comme une situation désagréable, c'est le malaise, l'inconfort qui nous vient dés que l'on est plus occupé à autre chose  d'extérieur et notamment  plus occupé par les activités ordinaires de survie, ou les activités de groupe.

L'ennui intervient dès lors qu'on a du temps à ne rien faire, seul dès qu'il y a l'espace du manque. C'est le temps du non-faire, vu par des yeux apeurés. La peur fondamentale, qu'on pourrait aussi appeler "ignorance", voile la beauté de ce non-faire, qui apparait comme une brume épaisse à la surface du beau lac couleur de lapis lazuli , lui donnant par opacité une teinte noirâtre et sinistre. Mais, qui le regarde avec intensité, demeurant assez longtemps sur ses rives à scruter sa surface malgré la brume, verra à un moment ou à un autre celle -ci se dissoudre et la teinte splendide apparaitre comme une lumière d'origine. Avec cette vision, c'est la réalité intérieure qui sera vue, de sorte que la peur reconnue comme telle ne pourra plus jamais être prise pour la vérité.

Là où intervient le thérapeute:

Accompagner l'angoisse

      Si l'on ne se sent pas d'affronter seul cette silencieuse présence qui évoque le néant sans mot de notre propre intériorité mystérieuse, on pourra chercher un accompagnant dans la présence d'un thérapeute, et partir ensemble sur les rives du lac, le tenant par la main. Un thérapeute est sensé avoir fait l'expérience de cette vision du réel. Il/elle a traversé le voile de l'angoisse et apprivoisé la langue secrète. Bien sûr, il y a des thérapeutes et des analystes plus expérimentés que d'autres, ou plus doués, mais leur rôle est d'aider à faire face, de proposer un passage vers "le monde ouvert" , qui se trouve allant vers et à l'envers   de nos codes coutumiers.

Le dialogue est une façon de s'initier peu-à-peu à la qualité qui git dans le lac. Le rapport à "cet Autre qui en sait un peu plus" sur ce qu'on ne peut justement pas savoir (s'avoir) permet d'apprendre la langue des profondeurs, et de rester à chaque fois un peu plus longtemps sur la rive. S'avoir devient ça soir-là confiance naissant de l'expérience qui conduit à apprivoiser sa solitude, puis à s'installer en sa propre compagnie, dans l'écoute totale des palpitations intimes. C’est cela aussi qu'on appelle la méditation.

Dès lors que cette confiance s'est installée, et que la solitude n'est plus vécue comme une menace, que l'ennui n'est plus regardé comme un danger, que le manque est reconnu comme force de désir, alors l'accompagnant disparaît, et la dynamique de la vie commence à se renouveler constamment en Soi.   

Téléphone : 01 42 58 37 80
 

 

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