La parole qui guérit !



La parole-corps en psychanalyse :
Dans la psychanalyse, les êtres humains sont appelés des "par les êtres" ainsi que le dit Jacques Lacan. Si le Lacan insiste sur ce caractère de parole, c'est qu'il dit aussi que le corps est aussi parole. La parole et le corps vont "ensemble" et parfois transcrivent les mêmes disharmonies, les mêmes coupures. C'est pour cette raison qu'en psychanalyse, il est important d'écouter les mots dans leur corps-à-corps (corps- accord) le plus sonore, le plus brut avec la personne qui les prononce. Si l'on souffre dans son corps, il est vraisemblable que l'on souffre dans le langage, on souffre dans sa pensée, et dans les mots par lesquels s'est constitué, et conçu le corps que l'on identifie comme sien.
Ce corps s'est d'abord forgé à partir de ce qu'en ont dit ceux qui furent parents puis éducateurs, puis forcément dans le psychisme du sujet lui-même. Ainsi le réel de ce que sont les choses et les autres, sont préexistants pour le petit être humain à partir des sonorités prononcées par ses parents et ceux qui l'entourent, avant -même de devenir des concepts signifiants. C'est de cela dont nous, humains nous souffrons, d'être ainsi ficelés ou morcelés par le langage, ce langage qui "autrement' (autrement)  nous fait aussi complexes, créateurs de liens et créateurs de culture.

Psychose: des articulations manquantes
Le par l’être noue son corps au désir.
Dans la psychose, quelque chose ne s'est pas bien passé dans cette étape où, justement, l'enfant doit trouver un passage symbolique dans et par la structure langagière ( la "linguisterie" dit Lacan ). Il n'est pas arrivé à trouver l'articulation symbolique dans le discours du parent pour nouer son corps à son désir. Cela s'entend, justement que ce désir-là fut mal entendu. C'est ce que les psychanalystes appellent" la forclusion".

Il faut imaginer un être humain comme trois cercles qui se touchent à certains endroits. Ces trois cercles sont comme des nœuds qui s'entrelacent pour tenir et former une  cohérence. Ces lieux de nouage sont très importants pour maintenir cette cohérence dans ce qui se fait ensuite sentir comme "du sens". Pour les personnes en détresse psychique, un ou plusieurs de ces nouages font défaut. La langue fait office de "passage", d'articulation possible entre trois modes fondamentaux de l'existant: le réel, le symbolique et l'imaginaire. Les perspectives qui peuvent s'ouvrir sont le résultat d'un de ces nouages réussis, autour d'une symbolisation, dont la parole est évidemment l'axe racine, en tant qu'il détermine la réalité du désir, mais aussi de dispositifs dont "les choses" peuvent être le support ou le pivot (objets, systèmes, idéaux).

 Trouver la passe

Vous voyez que pour la psychanalyse, le soulagement des souffrances passe par "trouver la passe" pour celui ou celle qui n'a pas pu trouver d'issue signifiante et donc sonore à ce qu'il éprouvait, et qui, du coup n'a pas pu symboliser ce sens dans sa vie quotidienne. C'est la raison pour laquelle, "parler" dans la cure analytique, ce n'est pas un acte intellectuel seulement, mais un acte symbolique qui implique l'engagement du corps tout entier.

 Le silence dans la psychanalyse
Le silence a également sa place dans la psychanalyse. Le psychanalyste est souvent silencieux. C'est parce qu'il l'est, que ce qu'il dit soudainement fait office de réveil surprenant, donc de scansion de ce qui a été parlé, par celui qui est en cure. De la même manière pour l'analysant, il y a des moments où dans le flot de parole, surgissent des "blancs" des moments de grand silence qui s'ouvrent comme des béances stupéfiantes.

Si l'on regarde un texte. On y verra des mots, mais pas seulement. On y verra des espaces aussi, et tout un jeu de positionnement des rythmes, au-dedans du texte, sur le fond blanc de la page.
Un être est semblable à un texte ou un livre sur le fond de la vie (la vie étant comprise comme "la vie et la mort") . Certains sont comme des livres de Victor Hugo ou Tolstoï, d'autres, laconiques comme des haïkus. Entendre la parole, c'est aussi entendre le silence d'où cette parole surgit. Un silence aussi signifiant que les mots.

 Le silence et la parole dans les traditions spirituelles
Deux expressions d'une même réalité
Silence et sons sont deux aspects d'une même source. C'est pour cette raison que l'on peut guérir en analyse aussi vraiment qu'en méditant solitaire  dans des montagnes. Ce qui compte est ce qui se situe en amont de l'expression.

Dans les traditions spirituelles, il est de bon ton de dire que le silence guérit et apporte la paix. Pourtant, le silence apporte aussi la ruine et isole les êtres dans des territoires d'incommunicabilité, d'hypocrisie et de bien-pensance. Le silence, comme le secret, peut détruire des vies avec autant de violence que des paroles rudes ou que des coups portés.

Finalement, parole et silence ne sont que des expressions de l'intention. Si l'intention est claire et apaisée, peu importe comment l'on s'exprimera. Certains ne diront rien. Certains chanteront ou discuteront de choses et d'autres en accord avec la situation.
Il n'y a pas qu'une seule façon d'être au monde et d'agir. Il y a une infinie variété de comportements tout à fait justes, selon les situations. Savoir écouter la profondeur du silence, c'est aussi savoir écouter la profondeur de la parole, la pulsation de ce qui est à l'origine, au moment précis de l'intention même. C'est cela qui doit orienter notre intérêt.

Cabinet de psychanalyse et psychothérapie Michael BARALLE. Situé dans le 18ème au 3. Square Lamarck – 75018 Paris

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